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Vous êtes frontalier et vous travaillez en Belgique ? La réforme des retraites en Belgique vous concerne aussi. Pension anticipée, malus, bonus, pension minimum garantie : plusieurs mesures sont déjà en vigueur, d’autres s’appliqueront dès 2027. Voici ce qui change, mesure par mesure.

L’essentiel

  • L’âge légal de départ à la retraite ne change pas en 2026 : de 65 à 67 ans selon votre date de naissance.
  • Dès 2027, seules les années comptant au moins 156 jours de travail ou assimilés seront retenues pour la pension anticipée.
  • Nouveauté dès 2027 : une retraite anticipée pour carrière longue dès 60 ans avec 42 années de 234 jours.
  • Un malus pourra réduire la pension anticipée à partir de 2027 ; un nouveau bonus pension existe depuis le 1er janvier 2026.
  • Des mesures spécifiques concernent les salariés (périodes de chômage et de fin de carrière) et les fonctionnaires (fin de la pension pour inaptitude physique).

L’âge légal : rien ne change en 2026

L’âge légal pour prendre sa retraite en Belgique dépend de votre date de naissance :

Date de naissance Âge légal de départ
Avant le 01/01/1960 65 ans
Du 01/01/1960 au 31/12/1963 66 ans
À partir du 01/01/1964 67 ans

Pension anticipée : les règles se resserrent dès 2027

L’âge et la durée de carrière requis pour bénéficier de la pension anticipée ne changent pas :

Âge Carrière totale exigée
60 ans 44 années
61 ou 62 ans 43 années
63, 64 ou 65 ans 42 années

Ce qui change, c’est le nombre de jours requis par année pour qu’elle soit prise en compte dans la carrière :

  • à partir du 1er janvier 2027, seules les années comptant au moins 156 jours de travail ou assimilés seront retenues ;
  • il vous manque quelques jours pour atteindre ce seuil ? 5 jours de réserve peuvent être ajoutés.

Point de vigilance : si vous remplissez déjà les conditions d’une pension anticipée avant 2027 et que vous la reportez, la règle des 156 jours n’a pas d’effet rétroactif.

Nouveauté : la retraite anticipée pour carrière longue (dès 2027)

La réforme crée une nouvelle possibilité de départ anticipé dès 60 ans, à condition de justifier de 42 années de carrière comportant chacune 234 jours de travail.

Sont pris en compte les jours de travail effectif, mais aussi le chômage temporaire, le congé de maternité, le congé de naissance, etc.

Le malus pension (dès 2027)

Votre pension anticipée pourra être réduite d’un certain pourcentage de son montant brut si vous ne remplissez pas les deux conditions suivantes :

  • une carrière de 35 années comportant chacune au moins 156 jours de travail ;
  • et au moins 7 020 jours de travail sur l’ensemble de votre carrière.

Le nouveau bonus pension (depuis le 1er janvier 2026)

Le bonus pension récompense le fait de reporter sa pension et de continuer à travailler. Depuis le 1er janvier 2026, l’ancien bonus ne peut plus être constitué. En revanche, vous pouvez constituer le nouveau bonus pension à partir de cette date si votre pension prend cours en 2027 ou plus tard.

Les nouvelles conditions sont les suivantes :

  • une carrière de 35 années comportant chacune au moins 156 jours de travail ;
  • au moins 7 020 jours de travail sur l’ensemble de votre carrière (congé pour soins, congé de maternité, congé de paternité, service militaire et chômage temporaire compris) ;
  • ne percevoir encore aucune pension.

Pension minimum garantie : les périodes prises en compte évoluent

Pour percevoir la pension minimum garantie, il faut remplir la condition de carrière de base ainsi qu’une condition de travail supplémentaire :

  • si vous êtes né après 1970, vous devez justifier d’au moins 5 000 jours de travail ou assimilés ;
  • si vous êtes né avant 1970, des mesures transitoires s’appliquent.

Nouveauté de la réforme : les périodes d’absence pour raisons médicales sont désormais intégralement comptabilisées et assimilées à des jours de travail.

Mesures spécifiques aux salariés

1. Salaire fictif limité au plafond salarial minimum (en vigueur)

Pour les périodes de chômage et de fin de carrière, le salaire fictif pris en compte est limité au plafond salarial minimum. Cette mesure ne s’applique pas au chômage temporaire, au chômage occasionnel ni à l’aménagement de fin de carrière.

2. Limitation des périodes de chômage et de fin de carrière (en attente)

Les périodes pendant lesquelles vous percevez une allocation de chômage ou de fin de carrière ne seront prises en compte que jusqu’à un certain pourcentage de l’ensemble de votre carrière. Ce pourcentage diminuera progressivement jusqu’à 20 %. Il dépend de votre année de naissance (pension de retraite) ou de celle de votre conjoint décédé (pension de survie ou allocation de transition).

Année de naissance du salarié ou du conjoint décédé Part maximale des périodes de chômage et de fin de carrière
1960 et avant 100 %
1961 à 1964 40 %
1965 35 %
1966 30 %
1967 25 %
1968 20 %
Périodes limitées pour le calcul de la pension Périodes qui restent entièrement prises en compte
Chômage complet Chômage temporaire
RCC, prépension Chômage occasionnel des dockers, trieurs et déchargeurs de poisson, pêcheurs maritimes et travailleurs des arts
Pseudo-prépension (« Canada Dry ») Chômeurs mis au travail
Aménagement de fin de carrière Chômage avec maintien des droits (avec et sans allocation de garantie de revenus)

Les périodes non travaillées (maladie, invalidité, congé pour soins) ne sont pas concernées par cette limitation.

3. Protection en cas de reprise progressive du travail (en vigueur)

Pour les salariés en reprise progressive du travail (avec l’accord du médecin-conseil) après un accident du travail ou une maladie professionnelle, le salaire réel est remplacé par un salaire fictif. L’objectif : compenser la baisse des pécules de vacances, primes, etc., et éviter que la reprise ne fasse baisser la future pension.

Point de vigilance : la limitation des périodes de chômage et de fin de carrière doit encore être définitivement approuvée. Elle ne s’appliquera qu’à partir de sa publication au Moniteur belge.

Fonctionnaires : fin de la pension pour inaptitude physique

À partir du 1er avril 2026, les fonctionnaires ne peuvent plus être mis à la pension pour inaptitude physique. Le gouvernement souhaite passer à une assurance invalidité pour les fonctionnaires. Concrètement, selon votre situation :

  • Fonctionnaire en congé maladie : il ne peut pas bénéficier de la pension pour inaptitude physique et reste à la charge de son employeur.
  • Pension temporaire pour inaptitude physique : accordée avant le 1er janvier 2025, elle dure 24 mois maximum ; accordée entre le 1er janvier 2025 et le 30 avril 2026, elle dure 36 mois maximum. Dans les deux cas, une pension définitive est ensuite attribuée.
  • Pension pour inaptitude définitive : rien ne change, la pension continue d’être versée.
  • Maladie de longue durée ou inaptitude à partir du 1er mai 2026 : le fonctionnaire ne peut pas être mis à la pension pour inaptitude physique et reste à la charge de son employeur.

Questions fréquentes

L’âge légal de la retraite augmente-t-il en 2026 ?

Non. Il reste fixé à 65, 66 ou 67 ans selon votre date de naissance.

Je remplis déjà les conditions de la pension anticipée, mais je compte la reporter. La règle des 156 jours s’applique-t-elle ?

Non. Si vous remplissez les conditions avant 2027, la mesure n’a pas d’effet rétroactif.

Mes absences pour maladie comptent-elles pour la pension minimum garantie ?

Oui. Depuis la réforme, les périodes d’absence pour raisons médicales sont intégralement assimilées à des jours de travail.

Source : Frontaliers Grand Est. Une question sur votre situation ? Les juristes de Frontaliers Grand Est informent gratuitement sur les droits à la retraite en Belgique : les contacter.

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